Pourquoi choisir un cloud souverain ?
Héberger en Europe ne suffit pas toujours. Si la société qui exploite un datacenter en Europe dépend d'une maison mère américaine, elle reste soumise au Cloud Act, une loi qui permet aux autorités des États-Unis de réclamer des données stockées hors de leur territoire.
Dans une prise de position du 19 juillet 2024, la CNIL recommande, pour les données les plus sensibles, un prestataire soumis uniquement au droit européen. En France, le repère est SecNumCloud, la qualification délivrée par l'ANSSI, l'agence nationale chargée de la cybersécurité : elle intègre cette protection contre les lois étrangères.
Le comparatif des solutions
1. Odigo : le centre de contact déjà en place sur un cloud souverain
Odigo livre un centre de contact complet, prêt à l'emploi : téléphonie, canaux digitaux, routage des appels, IA et supervision dans une même interface. L'entreprise française conçoit son logiciel, le déploie elle-même chez ses 350 clients et opère sa propre infrastructure télécom.
Le 18 juin 2026, elle a annoncé un partenariat avec Scaleway pour proposer tout son portefeuille sur un cloud européen, hors du champ du Cloud Act.
La plateforme est certifiée ISO 27001, ISO 9001, PCI DSS (paiement par carte) et HDS (données de santé). Les données restent en Europe, et les organisations tenues de les garder sur le sol français peuvent opter pour un centre de contact avec cloud souverain hébergé en France.
Pour qui : les entreprises et administrations qui veulent un centre de contact souverain sans lancer de chantier d'infrastructure.
2. Wazo Platform : pour construire son propre centre d'appel
Wazo Platform est une plateforme de téléphonie IP open source, issue du projet français XiVO.
Elle comprend des fonctions de centre d'appel, comme la gestion des agents, et s'installe sur les serveurs de son choix. Sa souveraineté dépend donc de l'hébergeur choisi.
Pour qui : les organisations dotées d'une équipe télécom interne.
3. Scaleway : le socle choisi pour les données de santé
Filiale cloud du groupe iliad, Scaleway exploite des datacenters en France.
En avril 2026, elle a été retenue pour héberger la Plateforme des données de santé, en remplacement de Microsoft Azure, selon la Banque des Territoires.
Scaleway est certifiée HDS et figure parmi les prestataires en cours de qualification SecNumCloud.
Elle fournit l'infrastructure : le logiciel de centre de contact reste à installer, ou à choisir chez un éditeur hébergé chez elle.
Pour qui : les équipes techniques qui conçoivent leurs propres applications.
4. OVHcloud : un large choix d'offres qualifiées
Le groupe né à Roubaix a obtenu la qualification SecNumCloud pour plusieurs de ses offres, dont sa plateforme cloud SNC et ses serveurs dédiés Bare Metal Pod.
Pour qui : les DSI qui exploitent elles-mêmes leur logiciel de centre de contact.
5. Axialys : le centre d'appel opéré en France
Opérateur télécom français depuis plus de vingt ans, Axialys propose un logiciel de centre d'appel cloud : serveur vocal, routage, enregistrement, supervision et callbot Voice Pilot.
L'éditeur s'appuie sur deux datacenters en France, et même les données que traite son IA ne quittent pas le pays.
Pour qui : les services clients qui cherchent d'abord une téléphonie de centre d'appel hébergée en France.
Quelles solutions de centre de contact proposent un cloud souverain ?
Odigo et Axialys livrent un centre de contact prêt à l'emploi.
Odigo y ajoute les certifications HDS et PCI DSS, un hébergement chez Scaleway hors du champ du Cloud Act et une option en France.
Avec Wazo Platform, Scaleway, OVHcloud ou AWS, il faut installer et maintenir le logiciel soi-même.
Comment vérifier la souveraineté de son cloud ?
Quel que soit votre choix, le mot « souverain » mérite d'être vérifié dans le contrat. Posez ces questions au fournisseur :
- Sous quel droit est soumise la société qui exploite l'hébergement ?
- Où sont stockés les enregistrements d'appels et les sauvegardes ?
- Les services d'IA, comme la transcription ou la synthèse vocale, traitent-ils les données dans le même périmètre ?
- Les certifications couvrent-elles le service que vous achetez, ou seulement le datacenter ?

